Il est évident que L’hydrofoil ne passe pas inaperçu et que l’idée d’essayer t’a traversé l’esprit simplement en regardant les riders voler sur leur « planche magique ». Et d’un côté, tu penses peut-être aux difficultés et aux éventuels dangers qui peuvent freiner ton désir de te lancer.
C’est tout à fait normal, on a tous eu les mêmes appréhensions au début.
En effet, lorsque tu démarres le kitefoil tu es assailli par la frustration de devoir presque réapprendre à faire du kitesurf. La plupart des gens, lors de leurs premières sorties, ne peuvent même pas faire un simple waterstart.

Pourquoi ?
L’équilibre est différent, le maniement de l’aile doit être impeccable, et pourtant la peur de se blesser t’amène à faire des erreurs de pilotage que tu n’aurais pas commises dans des situations normales.
C’est difficile d’y croire, mais c’est comme ça !

Mais ne t’inquiète pas, car le kitefoil reste à la portée de tous. Si le freestyle est une discipline qui rapproche surtout les jeunes, l’hydrfoil est très populaire chez les retraités et les personnes de plus de quarante ans, attirés par le sentiment de liberté et d’harmonie que l’on ressent, une fois que l’on a appris la technique.

Maintenant…

Ca m’arrive souvent de voir des gens lutter avec leur matériel juste pour glisser quelques mètres. Et je me demande s’ils vont pouvoir terminer la session sains et saufs. J’ai donc l’impression de revivre mes débuts : le résultat de ma première séance a été une cheville tordue, le foil abîmée et beaucoup de frustration. Si cela te dit quelque chose, alors continue à lire.

C’est pourquoi j’ai écrit cet article avec les 7 conseils à suivre pour débuter le kitefoil, afin de ne pas commettre les mêmes erreurs que moi.

Choisi le matériel adapté

Par matériel, j’entends la planche et la voile.

Généralement, il est préférable de commencer avec un mat court, d’environ 60 cm, une voile avec beaucoup de portance et une planche suffisamment grande pour garantir une bonne flottabilité.

L’AILE : Je te déconseille fortement de choisir une C-shape. Si tu en as la possibilité et que tu sais le piloter, tu peux commencer avec des ailes à caisson, sinon tu peux t’orienter vers des ailes plus légères (avec une seul latte) ou d’autres modèles conçus spécifiquement pour le freeride. Je navigue avec Duotone et je peux dire avec certitude que commencer par un Vegas n’est pas la meilleure solution. Un Mono est définitivement mieux pour le vent léger, ou un NEO/ EVO si le vent est fort car il garantit une plus grande rigidité et de meilleures performances.

LE FOIL : Tout d’abord, évite d’être séduit par la première annonce que tu trouves sur internet juste parce qu’elle est bon marché. Il est essentiel de vérifier si le matériel est orienté vers une pratique « freeride » ou  » race « . Il est donc plus judicieux de privilegier la portance à la vitesse.
Deuxièmement, un mat plus court est pratique pour démarrer à faible profondeur (surtout avec un vent on shore) et réduit le risque de te le prendre dans la tête en cas de chute.

LA PLANCHE : Il y a de nombreux aspects à prendre en compte, mais l’un des plus importants au début est la flottabilité. En effet, plus il flotte, plus le waterstart sera facile ainsi que le contrôle à faible vitesse et les premières transitions.

En conclusion, le matériel est important pour accélérer l’apprentissage et limiter le risque de blessures.

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Quels sont les dangers et ce qu’il est préférable de porter

Contrairement à une planche de surf ou un TT, l’hydrofoil est constitué d’éléments souvent tranchants qui peuvent provoquer des coupures ou de graves contusions. Un mat plus court et un support moins aiguisé sont recommandés au début.

Les principales préoccupations sont les entorses aux chevilles (le pied reste coincé dans la strap), les coupures (sur les pieds lorsque vous frappez les ailes sous l’eau ou sur le corps/la tête lorsque vous tombez maladroitement) ou les coups dus au retour de la planche (l’hydrofoil a une plus grande inertie qu’un TT ou une planche de surf).

La réponse est donc oui, il faut faire attention car on peut se blesser.

Un gilet de protection et un casque sont fortement recommandés.

Avec ou sans straps

Pour des raisons de sécurité, il est préférable de se passer de straps pour ne pas risquer une entorse à la cheville. Pour une question de facilité, il est préférable de les garder, sinon le waterstart deviendra une véritable agonie.

Mon conseil est d’enlever le strap arrière, et de ne laisser que les deux strap avant très larges de manière à pouvoir enlever facilement le pied si nécessaire.

Que faire pour éviter de se blesser

Comme déjà mentionné, il est nécessaire de bien régler les straps afin de ne pas rester ancré avec les pieds en cas de chute.

Fais attention au mouvement de tes pieds lorsque tu es près de ton foil (tout mouvement brusque peut te coûter cher si tu touches aux parties coupantes).

N’essaye pas de rétablir l’équilibre pendant la chute, mais cherche à te propulser le plus loin possible grâce au mouvement de ton aile.

Débute derrière un bateau. Le wakeboard est un excellent moyen de perfectionner l’équilibre et les différentes allures, sans se soucier de la gestion de l’aile. Le but est de ressentir les premières sensations : waterstart, naviguer à plat et comprendre comment décoller la planche de l’eau. Pour cela il faudrait soit faire pression sur la jambe arrière, soit augmenter la vitesse. Les deux exercices sont intéressants.

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Pourquoi est-ce difficile au début : un conseil pratique

Le kitefoil ajoute une difficulté supplémentaire résultant d’une plus grande instabilité de la planche car elle n’est plus en contact avec l’eau. Les trois mouvements de rotation, le roulis, le tangage et le lacet sont plus prononcés et il n’est pas facile de trouver le bon équilibre.

La réponse générale est donc oui, l’hydrofoil est plus difficile et plus technique, notamment au début, qu’un TT ou une planche de surf.

Pour y parvenir je te suggère aussi de travailler ton équilibre et ta proprioception. Je parle de tout exercice qui implique la gestion d’un déséquilibre et une gestion prudente du poids que nous générons avec nos deux pieds : lindoboard, swiss ball, skate carver, etc. Ces exercices ne garantissent pas un succès immédiat, mais ils te permettront d’acquérir des compétences importantes pour contrôler le mouvement du foil.

Les fondamentaux à avoir

La gestion de l’aile est primordiale. Il faut être capable de gérer la puissance et la stabilité dans toutes conditions (chaque manœuvre brusque a un effet négatif sur l’équilibre). L’idéal est de savoir manier une aile dans des vents faibles, autour de 7-8 nœuds, parce que cela est synonyme d’excellente maniabilité, et parce que tu seras amené à naviguer dans ces conditions en progressant.

Savoir rider à plat. Au début, n’essaye pas de voler, mais glisse tout simplement comme si l’hydrofoil n’existait pas. Une fois que tu t’y seras habitué, il suffira d’augmenter la vitesse et/ou d’exercer une pression sur la jambe arrière pour que la planche décolle progressivement.

La nage tractée pour s’éloigner du rivage (en cas de venton shore – side-on shore) et pour revenir au cas où le vent est trop faible pour le waterstart. Dans le premier cas, le mat risque de toucher le fond et tu seras donc obligé d’aller plus loin pour faire ton waterstart. Dans le second cas, il sera utile de retourner à la plage si tu narrives plus à naviguer en raison du manque de vent.

Waterstart en kitesurf ou en wakeboard. Si tu es déjà à un stade avancé de pilotage, de pratique récurrente du snowkite ou du landkite, il est recommandé d’essayer une fois derrière un bateau pour comprendre l’équilibre et la répartition du poids sur une planche d’hydrofoil. Si tu es novice, il est fortement recommandé de bien maîtriser ton pilotage ainsi que maitriser le waterstart en TT ou avec une planche de surf (derrière un bateau ou avec un kite). Même si la position à adopter pour un TT et un hydrofoil n’est pas exactement la même, cela t’aidera.

Enfin, savoir naviguer avec une planche directionnelle te facilitera la progression et l’apprentissage de nouvelles manœuvres. Le changement de pieds et de direction est basé sur les mêmes techniques.

Dans quelles conditions est-il préférable de débuter ?

VENT : un vent régulier et léger est plus prudent. Commencer avec un vent du nord à 10-30 nœuds peut te laisser de mauvais souvenirs.
Un vent side-on shore ou side shore est idéal. Un vent de terre ou de mer n’est pas recommandé. Pourquoi pas ? Le premier te pousse au large tandis que le second t’oblige à t’éloigner du bord en nage tractée (difficile par vent très faible) afin d’éviter de casser ton matériel en touchant le fond et de te blesser par une chute maladroite et inattendue.

PLAN D’EAU : l’eau calme favorise la stabilité. Le fait de débuter avec des eaux agitées te rendra la tâche plus difficile car tu auras besoin de plus de contrôle pour passer les vagues et faire les premiers virages.

TAILLE D’AILE : Bien qu’il soit d’usage d’utiliser une aile plus petite qu’avec un TT, au début je te conseille de ne pas trop te sous-toilé. Le risque est de ne pas réussir un waterstart de la séance. Il faut disposer d’assez de puissance comme si tu voulais faire un waterstart en TT, cela t’aidera à te lever et à faire les premiers bords à plat.

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Conclusion

Cet article est une base de réflexion, et non un manuel à suivre à la lettre. En effet, il n’est pas toujours possible de commencer avec les meilleures conditions réunies. Cependant, je te conseille de garder ces points à l’esprit.

Si les pionniers de notre sport ont commencé avec des ailes à deux lignes, sans depower et sans leash, tout est possible!
L’important est de faire les choses en toute connaissance de cause et d’être conscient des risques.

RIDE SAFE et si tu as des conseils ou des idées à ajouter, n’hésite pas à commenter l’article. Ton aide est la bienvenue !

MERCI D’AVOIR LU